Vous êtes reconnu travailleur handicapé et votre poste actuel vous fait souffrir ou ne vous permet pas de travailler dans de bonnes conditions ? La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ouvre des droits concrets, et l’aménagement de poste RQTH en est l’un des plus importants. Adaptation du siège, du bureau, de l’écran ou des accessoires : des solutions existent, et elles peuvent être en grande partie financées. Voici vos droits, les démarches à suivre et les aides mobilisables.
RQTH et aménagement de poste : de quoi parle-t-on ?
La RQTH est une reconnaissance administrative, délivrée par la MDPH, qui atteste que l’état de santé d’une personne a un impact sur sa capacité à travailler. Elle ne se limite pas aux handicaps visibles : maladies chroniques, troubles articulaires, lombalgies sévères ou troubles sensoriels peuvent y ouvrir droit.
L’aménagement de poste consiste à adapter concrètement l’environnement de travail à votre situation : siège ergonomique adapté à votre morphologie, bureau réglable en hauteur, accessoires ergonomiques (support d’écran, souris verticale, repose-pieds…) ou solutions d’assise spécifiques au handicap. L’objectif : vous permettre de travailler durablement, sans douleur et sans aggraver votre état.
Un droit encadré par le Code du travail
L’employeur a l’obligation de prendre les « mesures appropriées » pour permettre aux travailleurs handicapés d’accéder à un emploi et de le conserver. Refuser un aménagement raisonnable à un salarié RQTH peut être constitutif d’une discrimination. Dans les faits, la grande majorité des aménagements de poste sont simples, peu coûteux — surtout une fois les aides déduites — et bénéficient autant à l’entreprise qu’au salarié : maintien dans l’emploi, prévention des arrêts et des troubles musculo-squelettiques.
Quelles démarches pour obtenir un aménagement de poste RQTH ?
1. En parler au médecin du travail
C’est l’interlocuteur clé. Lors d’une visite (que vous pouvez demander à tout moment), il évalue votre situation et peut émettre des préconisations d’aménagement que l’employeur est tenu de prendre en compte. Si vous disposez déjà d’un rapport d’ergonome, il viendra appuyer le dossier.
2. Faire réaliser une étude de poste
L’étude de poste traduit les préconisations médicales en solutions matérielles concrètes. Un conseiller en ergonomie analyse votre activité réelle, votre morphologie et vos contraintes, puis recommande les équipements adaptés. Chez Affordance, cette démarche passe par une simple demande d’aménagement de poste, sans engagement.
3. Mettre en place et ajuster
Une fois le matériel installé, un suivi permet de vérifier que l’aménagement répond bien au besoin et de procéder aux derniers réglages. Un aménagement de poste RQTH réussi est celui que le salarié utilise réellement au quotidien.
Quels financements pour un aménagement de poste RQTH ?
L’AGEFIPH pour le secteur privé
L’AGEFIPH propose une aide à l’adaptation des situations de travail, qui peut financer tout ou partie du matériel préconisé : siège ergonomique spécifique, bureau réglable, accessoires. La demande est montée avec l’employeur, sur la base des préconisations du médecin du travail et de l’étude de poste.
Le FIPHFP pour la fonction publique
Les agents publics relèvent du FIPHFP, qui finance des aménagements comparables dans les trois fonctions publiques. Les employeurs publics y ont directement accès via une plateforme dédiée.
Les autres leviers
Selon les situations, Cap emploi (pour le maintien dans l’emploi), les services de prévention et de santé au travail ou certaines mutuelles peuvent compléter le dispositif. L’important est de ne pas renoncer pour une question de coût : dans la très grande majorité des cas, un financement existe.
Quels aménagements concrets selon les situations ?
Chaque aménagement de poste RQTH est unique, mais certains équipements reviennent souvent : un siège adapté à la pathologie (soutien lombaire renforcé, assise spécifique, grands gabarits ou petits gabarits), un bureau réglable en hauteur pour alterner les positions, un bras support écran pour ajuster finement la distance et la hauteur de l’affichage, ou encore une souris verticale et un clavier compact pour soulager les membres supérieurs. Le bon équipement dépend du métier autant que de la pathologie — notre guide « quel siège ergonomique choisir selon votre métier » détaille cette logique.
Trois exemples concrets d’aménagements de poste RQTH
Poste administratif avec lombalgie chronique
Cas le plus fréquent : un salarié du tertiaire souffrant du bas du dos. L’aménagement type associe un siège de bureau ergonomique à soutien lombaire renforcé, un bureau réglable en hauteur électrique pour alterner assis et debout, et un support d’écran pour redresser la posture. Le tout est généralement éligible à l’aide AGEFIPH.
Poste en atelier avec station debout prolongée
En production, la contrainte vient souvent de la station debout et des postures figées. Les solutions passent par un siège d’atelier ergonomique ou un tabouret assis-debout qui soulage les appuis sans interrompre le geste de travail, complété par un tapis antifatigue au poste.
Télétravailleur avec troubles des membres supérieurs
Pour un salarié en télétravail sujet aux tendinites, l’aménagement combine une souris ergonomique ou un trackball, un clavier compact et une assise adaptée — les packs télétravail permettent d’équiper le domicile en une fois. Les bons réflexes d’installation sont détaillés dans notre guide sur l’ergonomie en télétravail.
Dans les trois cas, la logique est identique : partir du travail réel et des préconisations médicales, pas du catalogue. C’est exactement le rôle de l’étude de poste menée par un conseiller en ergonomie.
Affordance, spécialiste de l’aménagement de poste et du maintien dans l’emploi
Chez Affordance, les conseillers en ergonomie accompagnent régulièrement des salariés RQTH, des référents handicap et des services RH dans la mise en œuvre des préconisations du médecin du travail. De l’analyse du besoin à l’installation du matériel, en passant par les devis nécessaires aux dossiers AGEFIPH ou FIPHFP, chaque étape est prise en charge avec un objectif : un poste réellement adapté, mis en place rapidement.
Questions fréquentes sur l’aménagement de poste RQTH
Mon employeur peut-il refuser un aménagement de poste ?
L’employeur doit mettre en œuvre les mesures appropriées, sauf si elles représentent une charge disproportionnée — ce qui est rare pour du mobilier ergonomique, d’autant que les aides AGEFIPH ou FIPHFP réduisent fortement le coût. Les préconisations du médecin du travail s’imposent à lui.
Faut-il déjà avoir la RQTH pour demander un aménagement ?
Non. Tout salarié peut demander un aménagement ergonomique de son poste dès lors qu’il rencontre une difficulté. La RQTH facilite en revanche l’accès aux financements dédiés et sécurise la démarche de maintien dans l’emploi.
Qui paie le matériel : le salarié ou l’employeur ?
L’équipement du poste relève de l’employeur. Les aides AGEFIPH (privé) ou FIPHFP (public) viennent en déduction du coût supporté par l’entreprise. Le salarié n’a, en principe, rien à financer lui-même.
Combien de temps prend la démarche ?
Tout dépend des acteurs impliqués. La partie matérielle peut aller très vite : chez Affordance, un conseiller vous recontacte sous 48h après votre demande d’étude, et les solutions courantes sont disponibles rapidement. Le montage du dossier de financement prend généralement quelques semaines.






